mardi 17 mai 2011

basique!

Entendu en salle des profs : « T’aurais vu la tête qu’ils ont fait quand je leur ai expliqué (et pourtant c’était du basique, du pur basique mais même le basique aujourd’hui ça passe plus, même le basique !) que Léon, le nom du personnage du texte sur lequel je les faisais bosser, c’était un choix de la part de l’auteur, et même un choix super réfléchi, et puis balèze quoi, osé comme on n’ose guère l’imaginer, parce que Léon, c’est quoi sinon l’accent mis sur le on (là, je te dis pas, la mine qu’ils faisaient !), la victoire du pronom sur le prénom, et celui-ci entendu non plus comme ce qui pré-céderait le nom, mais ce qui le remplacerait (tu me suis ?...) et, last but not least, l’engloutissement de la notion de héros et même d’individualité par l’affirmation de l’indéfini, autrement dit la volonté d’installer un processus dialectique où l’identité serait à la fois affirmée et abolie par le terme qui la désigne, doublé d’un bouleversement linguistique, avec non plus seulement le traditionnel duo signifiant/signifié, mais à l’intérieur de celui-ci (et ça c’est absolument génial !) une sorte de bombe à retardement susceptible de réduire le signifié en miettes… »

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