vendredi 20 mai 2011

4 heures du mat'...

Quand Charles se réveilla au pied de l’escalier, il ne songea pas à Léon, mais écouta attentivement la pendule du salon qui, pour la seconde fois en quelques minutes à peine, se mettait à sonner, chaque sonnerie voyant se lever l’un des doigts de sa main droite, d’abord le pouce, puis l’index, le majeur, et enfin l’annulaire qu’il regarda soudain fixement : il se demanda avec angoisse où était passée son alliance, puis, tel un flash, lui revint ce geste idiot que seul pouvait expliquer son état d’ébriété avancée, mais aussi sa rage et son désespoir, car l’alcool ne pouvait pas à lui seul l’avoir entraîné en de telles extrémités, tout à l’heure, avachi sur la table de la cuisine, retirant l’anneau béni, tandis que défilaient dans son esprit les images du jour de son mariage, l’église, le prêtre, sa pauvre mère si émue, et son père, déjà bien éméché après le vin d’honneur, poursuivant l’une des serveuses jusque dans la remise de l’auberge, Emma rayonnante, si belle, mais qui désormais ne serait plus jamais rien pour lui, parce qu’elle était allée trop loin, et il lui montrerait de quoi lui aussi était capable, et quand elle lui demanderait demain où était son alliance, si elle s’en apercevait, de toute façon il le lui dirait, dès qu’elle serait réveillée, non, il irait la réveiller, là, tout de suite, le temps de boire ce dernier verre, mais d’abord balancer l’alliance au fond, et ensuite cul sec et qu’on en parle plus de toutes ces conneries, et surtout qu’elle vienne pas lui dire quoi que ce soit, parce qu’elle allait enfin le connaître son Charles, et sûr qu’elle le regretterait de l’avoir chatouillé un peu trop vif, nom de dieu !...

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